RioPlus20

Rien de plus que mon petit monde sur la toile.


Les portes tournantes

Nous sommes en 1928 dans une petite ville du Canada. Céleste, dix-huit ans, joue du piano et se fait remarquer par le propriétaire du cinéma local, qui l’engage pour assurer l’accompagnement, car en ce temps-là le cinéma est encore muet. Ravissante dans ses toilettes d’apparat, elle devient une vedette locale, et le public se presse autant pour l’admirer que pour voir les films. Jusqu’au jour où tout s’effondre à cause d’une stupide nouveauté « Le chanteur de jazz »est arrivé d’Hollywood, et avec lui le parlant, la fin des pianistes. Congédiée, Céleste doit se résoudre à épouser Pierre Blaudelle, un riche héritier qui la courtisait depuis longtemps sans espoir. C’est alors que tout se gâte : prisonnière d’une belle-famille abusive qui, lorsque Pierre meurt à la guerre, lui enlève son enfant, Céleste s’enfuit et refait sa vie à New York. Jolie histoire, qui nous révèle la sensibilité charmante de Monique Spaziani dans le rôle de Céleste. Mais le film de Francis Mankiewicz (neveu de Joseph) ne s’arrête pas là. Il y a toute la partie année 80 : le fils de Céleste a épousé Lauda (Miou-Miou) et il a eu un fils, Antoine, qui découvre, soixante ans après, le cahier intime de sa grand-mère et part à sa recherche. C’est émouvant, mais tarabiscoté. On retient surtout les belles années de Céleste, au temps de sa jeunesse éblouie.

Jeux dangereuxJeux dangereux

On travaille en famille puisque, à la ville, Bryan Brown et Rachel Ward sont mari et femme, comme dans «Jeux dangereux». Il faut juste espérer que les choses s’y passent plus calmement que dans la fiction. Dans un village perdu au sud de l’Australie, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, une jeune femme s’ennuie dans ses tâches ménagères. L’arrivée du jeune frère de son mari, puis celle d’un bel inconnu venu travailler dans le coin comme barman, déclenchent chez cette femme un état de frustration, une excitation sexuelle qui tournera à la tragédie. Ken Cameron a réussi à créer une atmosphère à la fois lancinante et étouffante, parfaite pour ce drame de la sensualité et de la passion incontrôlable. On retrouve, dans «Jeux dangereux», cette qualité à la fois intimiste et épique qui semble l’apanage de nombreux films australiens. Entouré de Bryan Brown et de Sam Neil, Rachel Ward (femme fatale de films comme «Les cadavres ne portent pas de costard» ou de «L’antigang» aux côtés de Burt Reynolds) donne à ce personnage de fermière, de femme fruste , une sensualité et une sensibilité très séduisantes.


Published by Poupette, on avril 23rd, 2015 at 8:18 . Filled under: Blog. | No Comments |

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