RioPlus20

Rien de plus que mon petit monde sur la toile.


Casque d’or

Casque d'orCasque d’or, c’est une fille de joie au grand cœur, qui subit docilement les raclées de son protecteur„ Dans l’ivresse d’une java torride, elle tombe amoureuse d’un brave ouvrier, Georges. Entraîné malgré lui dans une idylle imprévisible, Georges hésite à tout plaquer. Finalement, il dominera sa lâcheté, quittera sa femme et bravera les foudres du proxénète. Les tourbillons de l’amour le conduiront au meurtre. Honteusement ignoré à sa sortie en 1952, «Casque d’or» est désormais le classique du drame français. Plus intéressé par la conscience de ses personnages que par leurs passions, Becker a évincé le côté mélo sirupeux au profit d’un réalisme pondéré. Le ton, grave mais sincère, contraste avec la pureté, presque candide, des images. Signoret, charmeuse inaccessible, et Reggiani, velléitaire endurci, y exhalent une émotion intense. Du grand cinéma à savourer sans modération.

QuasimodoQuasimodo

Bohémienne à la beauté farouche, Esméralda danse sur les pavés de Paris pour récolter quelques misérables pièces. Accusée d’un meurtre qu’elle n’a pas commis, elle se réfugie dans l’atmosphère fiévreuse de la Cour des Miracles, avant d’atterrir à Notre-Dame. La cathédrale, terre d’asile imprenable, est jalousement gardée par un sonneur de cloches inquiétant et difforme, Quasimodo. Envers et contre tous, la bête protègera la belle. Faciès de gargouille et silhouette loqueteuse, Charles Laughton excelle en monstre d’église persécuté, aux côtés de la ravissante Maureen O’hara (la mégère apprivoisée de «L’homme tranquille»). La reconstitution historique, d’après le roman de Victor Hugo, est parfaite : atmosphère glauque et malsaine du vieux Paris, événements d’époque (la création «diabolique» de la première imprimerie) et croyances religieuses illustrent à merveille l’obscurantisme du Moyen Age. Du grand art…


Published by Poupette, on novembre 5th, 2014 at 8:35 . Filled under: Blog. | No Comments |

Au revoir les enfants

Au revoir les enfantsHiver 1943, près de Fontainebleau. Un enfant juif fait sa rentrée incognito dans le collège Sainte-Croix au début du second trimestre. D’abord rejeté par ses camarades, Jean devient le meilleur ami de Julien, son voisin de dortoir. Malgré le contexte étouffant de l’Occupation, l’école vit au rythme des enfants, sans se soucier des troubles qui l’entourent. Mais, un matin de janvier, la Gestapo fait irruption dans le collège suite à une dénonciation. Rentrée en fanfare pour Louis Malle qui avait choisi, jusqu’en 1987, de faire une seconde carrière aux États-Unis. Son film est une petite merveille de sensibilité. Couronné à la Mostra de Venise et par une pluie de Césars en 1988, «Au revoir les enfants» est une œuvre majeure, qui vous révèlera les joies et les souffrances d’un homme enfermé dans le tourbillon de ses souvenirs. Émouvant.

Quelques jours avec moi

Quelques jours avec moiAdaptant un roman de Jean-François Josselin et travaillant, comme à son habitude, avec une copieuse équipe de scénaristes, Claude Sautet s’offre une de ces petites peintures de groupe dont il a le secret. Martial, l’héritier d’une chaîne de supermarchés, qui a passé quelque temps en maison de repos, débarque dans la succursale de Limoges, s’amuse à manipuler le directeur et ses snobs amis, tout en couchant avec la bonne. Sautet aime les scènes fortes en humour ou en émotion. Ainsi, il ponctue son film de moments de rire (le dîner chez le directeur ou la party chez Martial) ou de sourire (toute la relation amoureuse entre Martial et Francine). Sautet est un sacré conteur. Il fait d’une histoire simple et somme toute très cliché, une petite chronique sociale et intimiste très réjouissante et très spectaculaire. En fait, Sautet a retrouvé les recettes et les secrets du bon vieux cinéma français… d’avant la Nouvelle Vague. L’autre grand atout de « Quelques jours avec moi», ce sont les comédiens. Même dans les petits rôles, les acteurs sont étonnants. Dominique Lavanant en bourgeoise de province, Vincent Lin-don en copain prolo, Thérèse Liotard en belle-sœur vipère ou Danielle Darrieux en grand-mère-poigne de fer et affairiste. Tous entourent le couple « nouvelle génération» Auteuil-Bonnaire, qui donne au film sa chaleur et son authenticité.


Published by Poupette, on octobre 20th, 2014 at 8:33 . Filled under: Blog. | No Comments |

Les distractions

Alors qu’il s’enfuit à bord d’une voiture volée, Laurent tue accidentellement un motard qui le poursuivait. Il prend la fuite en laissant derrière lui son portefeuille dans la voiture. La police informe très vite la presse que le coupable est identifié et qu’il sera bientôt sous les verrous. Envoyé suries lieux, Paul, un reporter photographe, découvre que l’homme traqué n’est autre qu’un ancien camarade d’armée. Il le recueille chez lui en attendant de trouver une combine qui lui permette de quitter le pays. Le casting de ces «Distractions» est plus qu’alléchant. Réunir Belmondo, Brasseur, Alexandra Stewart et Mireille Darc relèverait aujourd’hui de l’exploit. Mais voilà, à l’époque, ces grands comédiens n’étaient que des débutants. Belmondo reprenait à peine son souffle — coupé par Godard — et Claude Brasseur commençait seulement à vouloir se faire un prénom ! Le film — presque inédit— est une curiosité.

Une affaire de femmesUne affaire de femmes

Avec « Une affaire de femmes», dix ans après «Violette Nozière», Chabrol offre à Isabelle Huppert un nouveau personnage de criminelle ayant des problèmes avec la justice. Alors que Violette Nozière était une coupable évidente, Marie, l’héroïne tragique de « Une histoire de femmes», est une coupable beaucoup plus innocente, victime de tout un système de lois mis en place dans un contexte historique et politique précis : Vichy et le pétainisme. La fiction est très lointainement inspirée par la vie de la dernière femme guillotinée en France, une avorteuse sous l’Occupation. Chabrol soigne sa reconstitution et s’amuse beaucoup à faire pleurer, il faut dire qu’Isabelle Huppert met le paquet et compose un personnage très mélo, tout en nuances et en émotions. Marie Trintignant fait également merveille en pute au grand cœur. «Une affaire de femmes» tient bien l’écran jusqu’à l’arrestation de Marie l’avorteuse. Pendant plus d’une heure, Chabrol montre comment une Madame Tout-le-Monde peut glisser sur une pente irrémédiable, par besoin d’argent puis par goût du luxe. Mais aussitôt après, commence un second film : la prison, la répression et l’exécution. Chabrol aborde alors le second film et le bâcle par manque de temps. Dommage.


Published by Poupette, on octobre 10th, 2014 at 8:30 . Filled under: Blog. | No Comments |

Gandahar

Gandahar Le réalisateur de «La planète sauvage » ou des « Maîtres du temps » reste fidèle à son style (coloré et esthétique, recherché et naïf) et à la science-fiction. Cette fois, il adapte un roman de Jean-Pierre Andrevon mêlant, allégoriquement et allègrement, les thèmes de la déshumanisation, de la robotisation de l’homme et de son asservissement à la machine, de la dénonciation du totalitarisme et de la dictature, de l’apologie de la liberté et du droit à la différence, etc. On est chez les bien-pensants… qui, à force de vouloir convaincre, n’évitent pas toujours l’emphase et la redondance. Mais cela est de peu d’importance devant le plaisir que l’on prend à ce dépaysement, à cette plongée dans un univers de tous les possibles. L’important est que l’on voie (les dessins originaux sont signés Caza) et que l’on ressente. Au moment où l’animation glisse vers le divertissement pur et le saut périlleux technologique (n’est-ce pas « Roger Rab-bit ?), on est heureux de pouvoir consommer cette antidote intelligente et plus touchante parce que plus artisanale.


Published by Max, on septembre 25th, 2014 at 8:58 . Filled under: Blog. | No Comments |

Eureka

EurekaIl est un ancien prospecteur d’or au Klondike, un des hommes les plus riches du monde. Il a acquis sa fortune il y a vingt ans de façon mystérieuse. Il vit sur une île des Caraïbes avec sa fille, qu’il aime autant que son or. Des hommes, truands de Miami, surgissent du passé pour les lui prendre toutes deux. On pourrait croire que cette histoire mélodramatique et policière inspirée d’un roman de Marshall Houts, « Who killed Sir Harry Oakes ? », se limite à l’action. Mais l’ambition du réalisateur est beaucoup plus complexe ; et cela donne au film l’aspect d’un jeu de correspondances et masques tout à fait séduisant. Ancien directeur de la photographie, Nicholas Roeg a toujours réalisé des films ambitieux et personnels, qui dépassent le simple thriller pour atteindre au symbolique et au métaphysique « Ne vous retournez pas », « L’homme qui venait d’ailleurs » ou « Enquête sur une passion. » « Eureka » est aussi un jeu cyclique d’influences autour du personnage central, du millionnaire Jack McCann, interprété par Gene Hackman. Dans un second rôle, on peut aussi découvrir un jeune acteur, tout frais sorti du succès personnel de « Diner » et s’apprêtant à tourner « Rusty James » Mickey Rourke.

Banjo

BanjoIl était une fois trois animateurs qui s’ennuyaient ferme, à faire un travail de fonctionnaires dans les studios Disney. Les idées, c’étaient les autres qui les avaient. Eux, ils exécutaient. Mais un jour, Don Bluth, Gary Goldman et John Pomeroy s’évadèrent… et fondèrent leur propre studio d’animation, dans un grand bungalow de Laurel Canyon, à Los Angeles. Pour commencer, ils imaginèrent un court métrage : « Banjo », l’histoire d’un gentil petit chat qui n’avait pas de chance et qui partait à la conquête de la grande ville. Une histoire qui annonce, par bien des points et des personnages, « Fievel et le Nouveau Monde », le film qui rendit Don Bluth célèbre. Banjo est un petit chat facétieux, attachant et drôle. Mais le film, vendu aux télévisions américaines, reste surtout une démonstration des talents et de la passion de Bluth et de ses associés pour le dessin animé. A une époque où l’on réduit l’animation à six images par seconde, les auteurs de « Banjo » s’offrirent vingt-quatre dessins différents et fignolés dans les détails par seconde. Après « Banjo », Don Bluth réalisa son chef-d’œuvre : « Brisby et le secret de Nimh ».


Published by Max, on septembre 11th, 2014 at 7:56 . Filled under: Blog. | No Comments |

Les possédés

Dostoïevski passionne très sérieusement Wajda. Cet écrivain russe semble même son porte-parole… Il y a dix-sept ans, Wajda faisait une première adaptation théâtrale des « Possédés » à Cracovie et n’a cessé de monter la pièce depuis. Ce film, scénarisé par Jean-Claude Carrière, a été tourné en Pologne mais uniquement en français, avec de jeunes comédiens français (Isabelle Huppert, Philippine Leroy-Beaulieu, Jean-Philippe Ecoffey, Laurent Malet et Lambert Wilson, de vieux routiers internationaux (Bernard Blier et Omar Sharif) et son acteur fétiche de « L’homme de marbre » (Jerzy Radziwilowicz), dans le rôle central de la victime Chatov, celui sur qui ces jeunes terroristes-révolutionnaires déchaînent leur hargne et leur besoin de meurtre sacrificiel ! On peut s’étonner d’un tel choix pour un sujet éminemment russe. Mais Wajda ressent le message des « Possédés » comme international. Pour lui, Dostoïevski avait pressenti toutes les maladies du 20e siècle : Hitler comme le terrorisme. Mais l’avertissement prophétique semble désuet, même si Wajda nous fait bien comprendre que la société occidentale actuelle regarde les événements politiques avec la même naïveté que la société russe du temps de Dostoïevski ! En fait, chacun jugera, selon sa propre sensibilité, ce jeu signifiant et psychodramatique, dans lequel une poignée de jeunes comédiens français plonge avec une jubilation hystérique et douloureuse authentique mais assez suspecte.

Les jardins de pierre

Les jardins de pierreEh bien, quoi qu’il arrive, nul ne pourra prétendre sans mentir que les Américains ont consacré peu de films à la guerre du Vietnam. A chaque cinéaste le sien, et même certains y reviennent, comme Coppola : après son « Apocalypse now », le voilà qui cultive ses « Jardins de pierre «- entendez les cimetières militaires bien alignés qui perpétuent le souvenir des grandes tueries « héroïques » L’un d’entre eux est situé à Arlington, en Virginie. C’est là que sont inhumés de nombreux morts du Vietnam, sous la garde d’un bataillon qui souffre parfois de n’être qu’une armée d’opérette. James Caan, qu’on avait perdu de vue depuis bien longtemps, fait partie de ce détachement, et son meilleur ami est un sergent-major noir incarné par l’excellent James Earl Jones. Une journaliste antimilitariste (Anjelica Huston) vient habiter l’immeuble où il loge. Coup de cœur, malgré les différences. Chacun des deux s’ouvrira à l’autre. C’est ce qu’on appelle un « drame psychologique », avec notations bien observées sur l’US army à l’appui. Un Coppola mineur, mais attachant.


Published by Max, on août 27th, 2014 at 11:53 . Filled under: Blog. | No Comments |

Le sicilien

Christophe Lambert est «Le Sicilien » ! Cheveux noir corbeau et lissés en arrière, regard ténébreux, costume sombre et fusil en bandoulière, il est Salvatore Giuliano, sur les lieux mêmes ou vécut ce truand contestataire. Ce brigand bien-aimé, abattu par la police en 1950, parce qu’il s’est dressé contre les pouvoirs politiques, religieux et même occultes (la Mafia) pour défendre les paysans, avait déjà inspiré, en 1961, un film de Francesco Rosi. Mais Michael Cimino a préféré l’épique au réalisme documentaire. S’inspirant d’un roman à succès de Mario Puzo, l’auteur du « Parrain », Giuliano-Lambert devient un rebelle luttant contre les injustices, un cow-boy latin ! Le rôle est très physique, avec nombreuses cascades à cheval. Mais au lieu de glisser vers les séduisantes naïvetés d’un Robin des Bois/Errol Flynn, Cimino a préféré figer Christophe Lambert, telle une statue de sel autour de qui l’Histoire passe sans même déplacer un cheveu. Tout dans le masque signifiant. Le côté hiératique exaspère un peu. Dommage.


Published by Max, on août 10th, 2014 at 6:53 . Filled under: Blog. | No Comments |

Le testament d’un poète juif assassiné

Le testament d'un poète juif assassiné Dure tâche que d’adapter à l’écran un livre aussi émotionnel, engagé, authentique et respecté ! Cassenti a su jouer avec le poignant, mais sans jamais éviter Vraiment le caricatural et le symbolique. Un petit garçon juif est pris dans l’horreur et l’intolérance de la montée du nazisme. Devenu adulte, il s’exile à Paris, mais le Front populaire le renvoie, pour un ultime voyage, vers sa terre natale, aux mains des barbares. Les mémoires de prison écrits par ce poète juif assassiné sont lus par son fils… petit garçon qui s’est coupé la langue pour ne pas avoir à répondre aux questions concernant son père. Le sujet d’Elie Wiesel, Prix Nobel de la paix, est à la fois un constat et un chant d’espoir celui de voir reconnus aux Juifs leurs droits de citoyens et d’hommes. «Le seul danger, mon fils, c’est l’indifférence », dit le personnage principal du film. Même site réalisateur de « L’affiche rouge » et de «La chanson de Roland » ne fait pas preuve de toute la subtilité désirée, il n’en reste pas moins que ce « Testament… » raconte une tragédie de ce siècle, un drame essentiel, vécu dans sa chair et raconté par celui qui est la conscience du monde contemporain. Michel Jonasz, dans le rôle central, est un peu coincé mais émouvant.


Published by Max, on juillet 24th, 2014 at 6:51 . Filled under: Blog. | No Comments |

Le proviseur

Le proviseur Quel effet cela fait-il, quand on est proviseur, de voir se rassembler à la porte du lycée, attendant votre sortie, une cinquantaine de jeunes qui ont juré de vous écrabouiller ? A ce moment-là, Rick Latimer (Belushi II) regrette peut-être d’en être arrivé là… Ce prof était si peu conformiste que la hiérarchie, pour se débarrasser de lui, lui confie un poste de proviseur, ce qui a l’air d’une promotion, mais attention… au lycée de Brandel. Autant dire un synonyme de l’enfer. Mais Rick, provocateur et turbulent, enfourche sa moto et relève le défi, prêt à affronter crânement les pires loubards. Le gardien-intendant du lycée (l’acteur noir Louis Gossett Jr) ne lui mâche pas ses mots : c’est à de véritables gangsters en herbe, et trafiquant autre chose que de l’herbe, qu’il devra faire face. Et son arrivée pétaradante ne les impressionne pas. Rick croira un instant trouvé une alliée en la personne d’une élève prometteuse à qui il offre des cours particuliers (Rae Dawn Chong). Une déconvenue qu’il saura surmonter en une épreuve ultime. «Le proviseur » se situe dans la lignée de ces films de lycée, de rapports difficiles entre élèves et enseignants, mais dans un contexte années 80.

Adieu je t’aime

Adieu je t'aimeMichel Dupré est le Pdg d’une petite société d’informatique qui fabrique des logiciels sophistiqués. Avec sa femme Nicole, ils forment un couple parfait, dont rien ne semble pouvoir altérer le bonheur. Jusqu’au jour où Michel engage dans son entreprise un jeune homme surdoué, brillant, séduisant : Philippe. Il croit se redécouvrir en lui et se prend d’une amitié passionnée pour ce garçon, une amitié qui se révèle bientôt amour homosexuel. Nicole, qui devant le changement de Michel s’imagine avoir une rivale, finira par découvrir la vérité. Que se pas-sera-t-il alors ? Crises de jalousie, ménage à trois, ou bien… On se souvient de «La triche » où Victor Lanoux, macho viril s’il en fut, incarne un policier quadragénaire qui tombe amoureux d’un jeune homme, Xavier Deluc. Bruno Cremer est, comme lui, à l’opposé de l’image conventionnelle de l’homo efféminé. D’où l’intérêt du film de Claude Bernard-Aubert (qui signe aussi des films X sous le nom de Burd Tranbaree) ; un intérêt qui, d’ailleurs, se limite là car on n’y croit jamais vraiment. Si le trouble de Michel, d’abord, est psychologiquement intéressant et vraisemblable, la dernière partie passe plus mal. Une tentative courageuse, mais inaboutie.


Published by Max, on juillet 14th, 2014 at 10:49 . Filled under: Blog. | No Comments |

Les gens de Dublin

D’origine et de tempérament, John Huston était un Irlandais. Il est donc juste et logique que son film ultime, dont le titre original est d’ailleurs « The dead » (Les morts) se passe à Dublin, et s’inspire d’une nouvelle du grand écrivain local, James Joyce. C’est le jour de l’Epiphanie, en cette année 1904, que trois demoiselles invitent parents et amis à un banquet rituel, aussi frugal que solennel. D’abord c’est l’apéritif, les chants, les danses, puis le dîner dont le lent cérémonial s’égrène tandis que la conversation s’anime pour aboutir à l’inévitable discours qui couronne la fête. Alors, en ce lieu unique, avec ces acteurs irlandais que le père Huston, outre sa fille Anjelica, a choisis méticuleusement, mais que nous ne connaissons pas, on a l’impression d’être au théâtre, on se souvient des dramatiques, style « Buttes-Chaumont », à la télé dans les années 60. Ce qui n’est pas désagréable, mais pas vraiment du cinéma. Il faut attendre les dernières scènes pour entendre parler de l’amour, de la mort et du souvenir, comme rarement. L’émotion l’emporte alors, mais de justesse.

Au revoir les enfants

Au revoir les enfantsL’hiver était rude, en ce début d’année 1943. Les vacances de Noël achevées, les pensionnaires rejoignaient le collège Sainte-Croix, dans la banlieue parisienne, pour la rentrée du 2e trimestre. Avec, cette fois, un véritable événement : l’arrivée, en milieu d’année scolaire, de trois nouveaux, que les bons pères demandent aux enfants de bien accueillir. Pas facile au début, mais après le traditionnel bizutage, ils sont acceptés. L’un des nouveaux s’appelle Jean Bonnet, il est le voisin de dortoir de Julien et devient son meilleur ami. Il parle peu, mais Julien devine que Jean se cache sous un faux nom parce qu’il est juif. Un secret dont il ne comprend pas encore toute la portée. Le drame fera irruption avec la Gestapo, alertée par une dénonciation. Julien n’oubliera jamais ce petit matin froid où le père supérieur et les trois enfants juifs seront emmenés vers les camps de la mort. Lion d’Or à Venise en 87, immense succès du cinéma français, « Au revoir les enfants » doit assurément sa réussite à la sincérité du ton, à la justesse du récit qui n’est pas surprenante, puisque Louis malle raconte un souvenir véridique le petit Julien, c’est lui. Comme toujours lorsque l’enfance est en jeu, l’émotion l’emporte.


Published by Max, on juin 26th, 2014 at 11:43 . Filled under: Blog. | No Comments |