RioPlus20

Rien de plus que mon petit monde sur la toile.


Patrick Bruel

Le regard mi-tendresse, mi-vautour, Patrick Bruel trimballe, depuis plus de dix ans, sa grande carcasse (1,81 m) de film en film (une quinzaine à son palmarès) et de salle de spectacle en studio d’enregistrement. Une double carrière pour une double actualité, la sortie du film d’Alexandre Arcady, « L’union sacrée», en vidéo (Antarès), et le lancement de son nouvel album, « Alors, regarde» (BMG). Interview de force majeure avec un artiste en devenir,

Patrick BruelAvoir trente ans, c’est la fin de la jeunesse ou le début de la sagesse ?

Ce n’est ni l’un ni l’autre, j’espère. On a simplement un petit poids supplémentaire sur les épaules, mais ce n’est surtout pas la fin de la jeunesse.

Jouer les inspecteurs de police, est-ce un rêve d’enfant qui se réalise ?

Oui, je pense que tout acteur rêve de tenir un jour le rôle d’un flic. En plus, quand il s’agit de se battre contre le terrorisme, comme c’est le cas dans «L’union sacrée», c’est encore meilleur. J’aime beaucoup ce rôle parce qu’il m’a permis de jouer sur plusieurs registres. Il a été écrit sur mesure par Alexandre Arcady.

On connaît désormais le salaire de MM. Calvet et Riboud, pouvez-vous nous dire combien vous valez par film ?

Je ne vais pas me défiler, mais il y a des films pour lesquels je gagne beaucoup d’argent et d’autres, qui ont du mal à se monter, pour lesquels je touche moins au départ, mais avec une participation sur les recettes. Je ne donnerai pas de chiffres car cela n’intéresse pas grand monde, et ceux que ça intéresse le savent déjà.

Pourquoi n’avez-vous pas accompagné Isabelle Adjani en Algérie, elle ne vous intéresse donc pas ?

J’aime bien Isabelle Adjani, mais elle ne m’a pas proposé de l’accompagner. En plus, je ne me suis pas vraiment senti concerné par les événements d’Algérie. Il y a plein de choses qui m’ont interpellé cette année, comme on dit, mais pas ça.

Vos Deug d’anglais et d’espagnol vous ont-ils servi pour draguer les filles au Club Med ?

On peut pas la virer cette question-là?

Votre nombre préféré est le 14. Est-ce parce que vous êtes né le 14 mai ou par hommage à Johan Cruyff (joueur de football célèbre, bande d’ignares) qui portait ce numéro dans le dos à l’Ajax d’Amsterdam ?

(Rires). Ce sont les deux choses au départ, mais aussi le fait qu’a chaque fois que je «rencontre» ce nombre, il se passe quelque chose de positif pour moi. Impressionnant, non?

Vous sortez un nouvel album. On va encore vous dire : «Alors, regarde, tu ne sais pas choisir ta carrière!»

Patrick Bruel2Ce sont les autres qui se sentent obligés de choisir-. Cette année, j’ai fait beaucoup de cinéma, mais aujourd’hui, je me consacre au nouvel album avec son aboutissement logique, faire de la scène. Il y a une chose en tout cas dont je suis sûr, c’est que je n’abandonnerai jamais ce contact privilégié avec les gens. Remarquez, personne ne me demande d’arrêter ni le cinéma ni la chanson, alors !

Après le lancement du disque, vous préparez donc une tournée internationale du genre de celles des Rolling Stones?

J’aimerais bien qu’il y ait autant de gens lors de mes concerts que lors de ceux des Rolling Stones. Plus modestement, il est prévu de faire une tournée en France. Je tourne aussi actuellement un clip filmé par de jeunes réalisateurs avec qui je tente une aventure.

Dans la vie, êtes-vous aussi concerné par la religion que vous l’êtes dans « L’union sacrée »?

Non, moins… Si, en fait, je crois que le personnage me ressemble, il est plein de contradictions avec la religion.

Les enfants vous rendent très heureux. Alors, à quand un petit Bruel junior?

Il faut d’abord trouver la maman. Ce serait génial… (Pensif).

Si l’on vous avait offert le rôle de Michael Douglas dans «Wall Street », vous auriez été plus intéressé par le fait de tourner aux Etats-Unis ou par les rapports avec la bourse ?

Par le côté bourse de l’aventure, car je suis très intéressé et même fasciné par cet univers de jeu autour du fric. Je n’ai pas le temps de boursicoter, mais si je le fais un jour, je le ferai à fond. Pour répondre précisément à la question, je peux dire que je serais aussi ravi de tourner aux USA, mais que le rôle de Douglas me gêne un peu à cause de ce travers très américain qui consisté à faire l’apologie de l’argent.

Côté bouffe, c’est plutôt cous-cous-brochettes ou mets fins et bordeaux millésimé ? (Au même moment, un serveur lui apporte une superbe entrecôte et un verre de bordeaux 82).

Jugez-vous même, mon cher ami!

Est-ce vrai que vous piquez toutes vos idées de chansons dans «Andromaque » de Racine ?

(Rires). Non, ce n’est pas vrai. Mais il faut reconnaître que l’on retrouve dans la dramaturgie toutes les grandes idées.

Vous voir jouer les funambules à 80 mètres du sol, ça n’a pas dû plaire à Marthe Villalonga (sa mère dans le film — NDLR)…

Ne m’en parlez pas, j’ai eu la plus grande trouille de ma vie. Je suis resté quatre heures accroché à une grue, tétanisé. Au bout d’un moment, Alexandre Arcady a décidé d’annuler la journée de tournage. J’ai dit : « Moteur, on tourne !», et tout s’est bien passé… ou presque.

Ben Gazzara, Julie Christie, Patrick Bruel, c’est un beau plateau. Pourquoi « La mémoire tatouée», que vous avez tourné en 1986, n’est-il jamais sorti en France ?

Je ne sais pas. Je crois qu’il n’a pas trouvé de distributeur. Il y a un loup dans cette histoire, je ne comprends pas.

Pour passer une semaine de vacances dans les îles, vous préférez partir avec Henri Krasucky, Pierre Jolivet ou… NastassjaKinski ?

Nastassja Kinski (le cri du cœur). C’est mon point faible…

Quel est le plus grand chanteur pour vous ?

C’est Michel Sardou qui m’a donné envie de chanter ; j’aime également beaucoup Rod Stewart, mais Elvis Presley est le plus fort, le plus grand.

Patrick Bruel3Il paraît que Le Pen a adoré « L’union sacrée », ça vous inspire quelle réflexion ?

Il a dû le voir avec des sous-titres ou alors il n’a pas tout compris.

Chanteur-acteur, acteur-chanteur, c’est Yves Montand qui doit être content d’avoir trouvé un successeur…

Si je réponds à cette question, ce que je vais dire va prendre une ampleur très prétentieuse. Pour l’instant, j’en suis aux prémices. Remarquez, heureusement qu’il y a eu Yves Montand parce que, autrement, on n’accepterait pas ma double carrière.

Un petit joint de temps en temps ?

Sûrement pas. Je me bats énormément contre la drogue et je ne fais pas de distinction entre drogue douce et drogue dure. Je participe à la campagne télévisée qui est faite actuellement. J’ai envie de dire aux gens que quels que soient les problèmes que l’on rencontre, la drogue n’en résout aucun.

Des projets à long terme ?

Pour le moment, je m’occupe du disque, dont le message est très modestement de montrer aux gens ce qu’ils ne veulent ou ne peuvent pas voir. Une des images qui m’a fait réagir cette année est celle de l’étudiant devant les chars sur la place Tien An Men. *Pour le reste, j’ai plusieurs projets cinéma dont un avec Michelle Pfeiffer, que j’ai rencontrée à New York cet été. Je lis aussi beaucoup de scénarios…

Y a-t-il une question à laquelle vous n’aimez pas répondre ?

Non, aucune. C’est plutôt la manière qu’ont certaines personnes de poser les questions, de façon insidieuse, pour vous blesser. Rassurez-vous, ça n’a pas été le cas de vos questions. En plus, nous sommes installés à la table 14, il n’y a pas de problème…


Published by Poupette, on août 4th, 2015 at 8:38 . Filled under: Blog. | No Comments |

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